Jueves 4, de Marzo 2010

Il y a dix ans tout juste , en février 2000 , à Nimes , João Folque de Mendoza déclarait au Congrés International des Villes Taurines : "Si nous détruisons la caste , nous détruisons la corrida."
Dix ans plus tard , il poursuit sa construction . Et , globalement , les résultats dans les ruedos lui donnent plutôt raison .
La "casta" n'est que le produit d'un -forcément long- travail campero pour le ganadero considéré . Quel qu'il soit . Sa propre personnalité est , bien sûr , influante et même déterminante . Tout autant que le sont les idées claires qu'il doit avoir sur son projet . Sur le futur . Sur un futur où les erreurs se payent cash et cher . Les tientas , travaux sur les vaches et sur les mâles , en sont , à mon sens , la pierre angulaire . Des piéces primordiales du puzzle .
C'est ici , au coeur de la finca , sur le sable de la placita , que les chemins bifurquent .Vers l'uniformité ou la singularité . Dans un monde où , en général , le singularisme n'est guére de mise . N'est pas prisé . Mais dés lors que l'on ne subit pas sa route , que l'on reste maître de son destin . Alors la vie a de beaux jours devant elle...
A Monte da Adema donc , ces tientas (1) sont , par choix , fondamentalement axées sur la combativité , la fixité , la force , le pouvoir moral de ces bêtes , capables ou non de franchir un obstacle aussi fort . Ainsi domine ici , à l'encontre de la mode , l'épreuve de la pique . Comme un test-match qu'il faut implacablement réussir avec brio pour continuer à vivre . Pour pouvoir porter le sang , le fer , la devise , vers le soleil des arénes .
Placée à la plus longue distance du tentadero (2) , la bête doit monter en puissance au fil des contacts qui , parfois entrecoupés de larges plages de toreo de muleta , sont de plus en plus déterminant pour elle . Passé le temps de sa surprise , celui de sa réflexion doit la conforter à poursuivre la lutte , le combat , la lidia . Inlassablement . Une lutte sanglante qui finira , toujours , presque au corps à corps avec le picador . Afin qu'elle puisse voir "de prés" le châtiment qui la révèlera apte ou non à la reproduction , à la poursuite d'une histoire déjà vieille de cent cinquante ans et plus .
Nous passerons aujourd'hui sur les aspects plus transversaux du travail de ganadero . Sur l'analyse des résultats de sa cria au travers de ceux des toros lidiés . Sur l'amalgame des animaux finalement sélectionnés . Et sur tant d'autres aspects du métier , tous aussi passionnants les uns que les autres . Pour relever que la colonne vertébrale d'un élevage et l'essentiel d'un travail ganadero classique passe non pas par un travail sur le produit fini (3) , mais bel et bien par celui sur les matiéres premiéres qui servent à le fabriquer .
C'est ainsi que , chez lui , João Folque de Mendoza entend élever le toro de Palha .
De maniére , finalement , assez romantique . Sans nier les progrés techniques ou l'évolution des moeurs et du momemnt . Fidéle à l'idée qu'il se fait de la tâche depuis le début . Dans le respect du choix des autres confréres . Qui passe , c'est évident , par le respect des autres sur sa propre vision des choses .
Notes :
(1) : Les tientas chez P+ sont , strictement , dirigées par João Folque de Mendoza . Pour ne pas dire d'une maniére trés directive . Parfois même à l'encontre du torero en charge de la bête . Parcqu'elle y joue totalement son destin . Parceque celui de l'élevage s'y joue en partie . Le picador est toujours un mayoral de la casa . Actuellement , Rui dos Santos . Fils du mayoral en titre : Joaquim Carlos dos Santos . Les toreros invités pour les tientas sont souvent des toreros habitués à tuer les corridas de la maison . Pour les tientas de machos : toujours . Pour les tientas de vaches : parfois des élèves d'écoles taurines . Invité permanent : le maestro Vitor (ou Victor)Mendes qui vient en voisin . Et même plus : en ami .
(2) : Les tientas peuvent se faire à campo abierto ou à l'intérieur d'une placita . Le premier tentadero "fermé" du Portugal a été importé d'Espagne et construit sur les terres de la ganaderia P+ .
(3) : La force , le poder du toro de P+ doit directement provenir de la sélection de ses parents et donc se transmettre par le sang . Sans passer par la case torodrome . Où l'on ne génére pas de force chez le toro de lidia . Mais où l'on produit plutôt de la résistance , de l'endurance chez cet animal . C'est une différence fondamentale sur ce produit de luxe . Qui doit se suffire à lui même (philosophie Palha) . Ou que l'on doit désormais travailler avant l'emploi (autres courants philosophiques).
Christian Chalvet es socio fundador de la Asociación Cultural Círculo Amigos de Palha.